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Les adventistes et la société : une relation de responsabilité

De tout temps, les chrétiens ont été confrontés à deux attitudes concernant leur engagement au sein de la société. Certains ont vu le sommet de la spiritualité chrétienne dans la séparation du monde comme une forme de retraite, avec pour conséquence le non-engagement dans les affaires de la société.

D'autres, au contraire, ont senti l'appel à créer le Royaume de Dieu sur cette terre et y ont répondu au moyen d'un activisme social. Ce genre de perspective a vu un essor important au XIXe siècle à travers l'utopisme humaniste, le transformisme darwinien et le rêve marxiste d'une société sans classe.

Ces deux orientations opposées sont en réalité contraires à l'enseignement et à l'exemple du Christ, seule référence possible pour le chrétien qui veut contribuer au bien de la société dans laquelle il vit.

Il est vrai toutefois que certaines paroles de Jésus peuvent paraître contradictoires quant à la notion de «Royaume». Plusieurs textes le démontrent :

«Ma royauté n'est pas de ce monde», dira Jésus dans son dialogue avec Pilate (Jean 18.36) en indiquant aux pharisiens que «le règne de Dieu est au milieu de nous». (Luc 17.21)

«Que ton règne vienne, que ta volonté advienne sur la terre comme au ciel.» C'est ainsi que ses disciples doivent prier (Matthieu 6.10).

Malgré ces apparentes contradictions, il est manifeste que le chrétien doit s'engager dans ce qui est nécessaire et contribue au bien-être de la collectivité. Témoigner un peu du Royaume de Dieu sur la terre, et cela, jusqu'au retour du Christ (Luc 12.42,43).

Dans l'Évangile de Luc (4.16-22), Jésus présente sa mission comme ayant une dimension communautaire, incluant toutes les catégories de la population. Personne n'est exclu de sa compassion : la Bonne Nouvelle aux pauvres, la vue pour les aveugles, la liberté pour les captifs, la délivrance pour les opprimés. Sa vie et son ministère illustreront amplement son engagement sans précédent dans ces différents aspects sociaux.

Prenant exemple sur un tel engagement, les adventistes d'aujourd'hui doivent manifester une vie de bonté, de service à la société : «voilà ce qui est bon et utile aux hommes» (Tite 3.8). Vivre ainsi inclut donc le fait de s'occuper des questions sociales.

La vie chrétienne a non seulement une dimension verticale (vers Dieu), mais également horizontale (vers l'être humain).

Mais s'il est clair que les enseignements de Jésus, avec leur dimension de service, doivent mener à des actions significatives dans la collectivité, c'est précisément ici que le chrétien se trouve confronté au dilemme de la «double nationalité».

Ils sont en effet «membres du Royaume de Dieu» (Luc 12.32) et, en même temps, citoyens de leur pays.

C'est de cette double appartenance que va surgir la tension. Il n'est pas toujours facile de se concentrer sur les valeurs éternelles, tout en servant dans une société matérialiste et hyperactive. Mais, malgré les nombreux défis que cela représente, Dieu attend de ses disciples qu'ils vivent comme Jésus, entre «la montagne» et «la multitude».

Il est évident que la passivité et l'inertie ne sont pas des vertus chrétiennes, mais s'apparentent plutôt à l'attitude du sacrificateur et du Lévite sur la route de Jéricho, qui sont passés sans s'arrêter. La neutralité peut fréquemment conduire, face à la misère, à l'indifférence qui devient dès lors, complicité.

La responsabilité sociale se base tout d'abord théologiquement sur la doctrine de la création. Dieu a créé un univers distinct de lui-même et a établi les êtres humains comme êtres sociaux, égaux entre eux et gestionnaires de cette création.

La responsabilité envers la société est également inhérente à la doctrine de l'homme.

Les êtres humains ont été créés à l'image de Dieu. La dignité de la personne humaine, altérée par le péché, est restaurée par le processus du salut. Une telle conviction impose une responsabilité éthique et sociale envers la société. Le chrétien doit voir chaque individu comme ayant droit à un avenir meilleur. Cela donne un sens, une direction et particulièrement une espérance à l'engagement des adventistes envers leurs semblables.

Comme le Christ, ils doivent discerner d'infinies potentialités dans chacune des personnes qu'ils rencontrent, que se soit sur leur lieu de travail ou n'importe où ailleurs dans la société.

L'œuvre de Dieu dans le monde s'accomplit sur une double voie : l'évangélisation à proprement parler (annoncer la bonne nouvelle du salut) et le service, par l'engagement social chargé de répondre aux besoins divers et multiples des êtres humains.

À certains moments, le service doit être prioritaire, comme l'action du Samaritain sur la route de Jéricho ou comme les dix lépreux que Jésus a guéris sans attendre d'eux quoi que ce soit (Luc 17.12).

Le service, en effet, doit être dénué de toute arrière-pensée, faute de quoi il en sera perverti et le bénéficiaire, trompé.

Il est vrai cependant que pour le chrétien, le but ultime reste que les êtres rencontrent l'Auteur du salut, pour autant que cette rencontre n'ait pas déjà eu lieu.

Ainsi donc, après avoir réaffirmé l'importance suprême de la dimension salvatrice de «l'autre monde», le chrétien est encouragé à faire valoir sa conscience sociale.

Les domaines d'engagement ne manquent pas : l'oppression des plus faibles, la pauvreté, la violence, le racisme, l'absence d'éducation (scolaire et/ou parentale), le déclin de la morale et toutes les injustices de «notre monde».

Les chrétiens sont à la fois le sel et la lumière de la société. Cela inclut le fait de devoir jouer un rôle positif dans les affaires publiques, les sciences, le droit, l'économie, la santé, et si possible dans le gouvernement.

Les possibilités de servir sont pratiquement illimitées. La tâche est immense et peut être parfois décourageante.

Toutefois, les difficultés et les frustrations ne doivent pas nous rendre indifférents ou spectateurs cyniques de la société, car le nom d'«adventiste» porte en soi un optimisme apostolique.

L'Église, présente et engagée dans la société, constitue un signe du Royaume de Dieu (Matthieu 10.7,8).

Puisque nous le représentons, il nous appartient de révéler le caractère et l'amour de Dieu. Bientôt, le monde sera illuminé par la gloire de Dieu (Romains 8.18). Dans cette perspective, les actions concrètes d'un service chrétien dans la société sont autant de clartés orientant vers celui qui est la Lumière du monde (Jean 8.12).

Parce que «Dieu a tant aimé le monde», nous devons ressentir de l'amitié pour tous les êtres humains et assumer notre responsabilité envers la société.

Les adventistes puisent leur courage et leur force dans l'espérance de ce qui vient, en tant qu'enfants de Dieu et membres actifs dans la société.

C'est la raison pour laquelle ils servent et prient: «Viens, Seigneur Jésus.» (Apocalypse 22.20)

Denis Rosat
Directeur du Département social et du Centre social adventiste
Fédération des Eglises adventistes de la Suisse romande et du Tessin

 

Les adventistes et la société : une relation de responsabilité

De tout temps, les chrétiens ont été confrontés à deux attitudes concernant leur engagement au sein de la société. Certains ont vu le sommet de la spiritualité chrétienne dans la séparation du monde comme une forme de retraite, avec pour conséquence le non-engagement dans les affaires de la société..

D'autres, au contraire, ont senti l'appel à créer le Royaume de Dieu sur cette terre et y ont répondu au moyen d'un activisme social. Ce genre de perspective a vu un essor important au XIXe siècle à travers l'utopisme humaniste, le transformisme darwinien et le rêve marxiste d'une société sans classe.

Ces deux orientations opposées sont en réalité contraires à l'enseignement et à l'exemple du Christ, seule référence possible pour le chrétien qui veut contribuer au bien de la société dans laquelle il vit.

Il est vrai toutefois que certaines paroles de Jésus peuvent paraître contradictoires quant à la notion de «Royaume». Plusieurs textes le démontrent :

«DMa royauté n'est pas de ce monde», dira Jésus dans son dialogue avec Pilate (Jean 18.36) en indiquant aux pharisiens que «le règne de Dieu est au milieu de nous». (Luc 17.21)

«Que ton règne vienne, que ta volonté advienne sur la terre comme au ciel.» C'est ainsi que ses disciples doivent prier (Matthieu 6.10).

Malgré ces apparentes contradictions, il est manifeste que le chrétien doit s'engager dans ce qui est nécessaire et contribue au bien-être de la collectivité. Témoigner un peu du Royaume de Dieu sur la terre, et cela, jusqu'au retour du Christ (Luc 12.42,43).

Dans l'Évangile de Luc (4.16-22), Jésus présente sa mission comme ayant une dimension communautaire, incluant toutes les catégories de la population. Personne n'est exclu de sa compassion : la Bonne Nouvelle aux pauvres, la vue pour les aveugles, la liberté pour les captifs, la délivrance pour les opprimés. Sa vie et son ministère illustreront amplement son engagement sans précédent dans ces différents aspects sociaux.

Prenant exemple sur un tel engagement, les adventistes d'aujourd'hui doivent manifester une vie de bonté, de service à la société : «voilà ce qui est bon et utile aux hommes» (Tite 3.8). Vivre ainsi inclut donc le fait de s'occuper des questions sociales.

La vie chrétienne a non seulement une dimension verticale (vers Dieu), mais également horizontale (vers l'être humain).

Mais s'il est clair que les enseignements de Jésus, avec leur dimension de service, doivent mener à des actions significatives dans la collectivité, c'est précisément ici que le chrétien se trouve confronté au dilemme de la «double nationalité».

Ils sont en effet «membres du Royaume de Dieu» (Luc 12.32) et, en même temps, citoyens de leur pays.

C'est de cette double appartenance que va surgir la tension. Il n'est pas toujours facile de se concentrer sur les valeurs éternelles, tout en servant dans une société matérialiste et hyperactive. Mais, malgré les nombreux défis que cela représente, Dieu attend de ses disciples qu'ils vivent comme Jésus, entre «la montagne» et «la multitude».

Il est évident que la passivité et l'inertie ne sont pas des vertus chrétiennes, mais s'apparentent plutôt à l'attitude du sacrificateur et du Lévite sur la route de Jéricho, qui sont passés sans s'arrêter. La neutralité peut fréquemment conduire, face à la misère, à l'indifférence qui devient dès lors, complicité.

La responsabilité sociale se base tout d'abord théologiquement sur la doctrine de la création. Dieu a créé un univers distinct de lui-même et a établi les êtres humains comme êtres sociaux, égaux entre eux et gestionnaires de cette création.

La responsabilité envers la société est également inhérente à la doctrine de l'homme.

Les êtres humains ont été créés à l'image de Dieu. La dignité de la personne humaine, altérée par le péché, est restaurée par le processus du salut. Une telle conviction impose une responsabilité éthique et sociale envers la société. Le chrétien doit voir chaque individu comme ayant droit à un avenir meilleur. Cela donne un sens, une direction et particulièrement une espérance à l'engagement des adventistes envers leurs semblables.

Comme le Christ, ils doivent discerner d'infinies potentialités dans chacune des personnes qu'ils rencontrent, que se soit sur leur lieu de travail ou n'importe où ailleurs dans la société.

L'œuvre de Dieu dans le monde s'accomplit sur une double voie : l'évangélisation à proprement parler (annoncer la bonne nouvelle du salut) et le service, par l'engagement social chargé de répondre aux besoins divers et multiples des êtres humains.

À certains moments, le service doit être prioritaire, comme l'action du Samaritain sur la route de Jéricho ou comme les dix lépreux que Jésus a guéris sans attendre d'eux quoi que ce soit (Luc 17.12).

Le service, en effet, doit être dénué de toute arrière-pensée, faute de quoi il en sera perverti et le bénéficiaire, trompé.

Il est vrai cependant que pour le chrétien, le but ultime reste que les êtres rencontrent l'Auteur du salut, pour autant que cette rencontre n'ait pas déjà eu lieu.

Ainsi donc, après avoir réaffirmé l'importance suprême de la dimension salvatrice de «l'autre monde», le chrétien est encouragé à faire valoir sa conscience sociale.

Les domaines d'engagement ne manquent pas : l'oppression des plus faibles, la pauvreté, la violence, le racisme, l'absence d'éducation (scolaire et/ou parentale), le déclin de la morale et toutes les injustices de «notre monde».

Les chrétiens sont à la fois le sel et la lumière de la société. Cela inclut le fait de devoir jouer un rôle positif dans les affaires publiques, les sciences, le droit, l'économie, la santé, et si possible dans le gouvernement.

Les possibilités de servir sont pratiquement illimitées. La tâche est immense et peut être parfois décourageante.

Toutefois, les difficultés et les frustrations ne doivent pas nous rendre indifférents ou spectateurs cyniques de la société, car le nom d'«adventiste» porte en soi un optimisme apostolique.

L'Église, présente et engagée dans la société, constitue un signe du Royaume de Dieu (Matthieu 10.7,8).

Puisque nous le représentons, il nous appartient de révéler le caractère et l'amour de Dieu. Bientôt, le monde sera illuminé par la gloire de Dieu (Romains 8.18). Dans cette perspective, les actions concrètes d'un service chrétien dans la société sont autant de clartés orientant vers celui qui est la Lumière du monde (Jean 8.12).

Parce que «Dieu a tant aimé le monde», nous devons ressentir de l'amitié pour tous les êtres humains et assumer notre responsabilité envers la société.

Les adventistes puisent leur courage et leur force dans l'espérance de ce qui vient, en tant qu'enfants de Dieu et membres actifs dans la société.

C'est la raison pour laquelle ils servent et prient: «Viens, Seigneur Jésus.» (Apocalypse 22.20)